De St-Félix-de-Valois à Chicago : Le parcours de Bianca St-Georges

La scène est quand même amusante à s’imaginer : le 10 janvier dernier, pendant un de ses cours à l’Université de West Virginia, Bianca St-Georges tente subtilement de regarder le repêchage de la National Women’s Soccer League (NWSL) sur son ordinateur.  « J’essayais de lire sur les lèvres à chaque fois que quelqu’un annonçait un nom! » s’exclame-t-elle.  Le moment tant attendu est finalement arrivé un peu plus tard, alors qu’elle se trouvait dans sa voiture.  La joueuse de 21 ans, native de St-Félix-de-Valois, venait d’être repêchée par le Red Stars de Chicago, une équipe professionnelle.

Passer d’un village d’à peine 6000 habitants à une grande métropole dont la population avoisine les trois millions, c’est un parcours qui frappe l’imaginaire et qui fait rêver.  Comment exactement peut-on y arriver?  Comme tout athlète, Bianca a pu bénéficier du support d’un bon nombre de personnes qui l’ont aidée à se rendre où elle est aujourd’hui.  Elle identifie cependant Philippe Champagne, son premier entraîneur au Laser de Joliette (où elle a passé la majorité de son soccer amateur), comme une figure importante.  Philippe nous a malheureusement quitté en 2016 mais Bianca se souvient encore de son influence : « C’est lui qui a vu quelque chose en moi quand je jouais dans mon petit village de St-Félix-de-Valois.  C’est lui qui m’a dit : tu as du talent!  J’ai eu beaucoup de peine lorsque j’ai appris la nouvelle de son décès ».  Un bel exemple qui démontre que parfois, un simple geste ou un simple mot d’encouragement peut faire toute la différence dans la vie d’une jeune joueuse.

Bianca St-Georges pendant un match avec 
l'Université de West Virginia (Photo : Steven Prunty)

Athlète du Centre Nationale de Haute Performance (CNHP) de 2011 à 2014, Bianca a aussi pu profiter d’un encadrement dont elle reconnait aujourd’hui l’importance.  En plus d’améliorer des aspects techniques comme sa première touche et son pied faible, elle a aussi gagné en maturité.  « Honnêtement, ça m’a tellement appris pour l’université.  Des joueurs ou des joueuses hésitent peut-être à aller en famille d’accueil parce qu’ils croient que ce n’est pas une bonne idée mais au contraire, ça m’a beaucoup aidé à être indépendante, organisée et disciplinée ».

C’est peut-être ce qui permet à la défenseure latérale droit d’être reconnue pour son leadership. Capitaine de son équipe universitaire lors des deux dernières saisons, elle a aussi occupé ce rôle au sein de l’équipe nationale lors de la Coupe du Monde U-20 en 2016 en Papouasie-Nouvelle-Guinée.  Bianca n’est cependant pas le genre de leader qui utilise sa voix pour diriger.  Elle préfère mener par l’exemple.  « Je ne suis pas quelqu’un qui dit, je suis quelqu’un qui fait.  Je n’aime pas dire aux gens quoi faire, je ne suis pas une boss des bécosses! » dit-elle en riant.

Bianca a été capitaine de l'équipe nationale U-20 
pendant la Coupe du Monde de 2016 (Photo : Canada Soccer)

Ce qui est certain, c’est que la réussite de Bianca n’est aucunement liée au hasard.  De St-Félix-de-Valois, en passant par le CNHP, les équipes du Québec, l’Université de West Virginia et maintenant le Red Stars de Chicago, elle a su faire preuve d’une discipline et d’une détermination qui devraient servir d’exemples pour tous.  « Je n’ai pas fait ça seule, mais beaucoup venait de moi.  Tu peux compter sur les autres pour t’aider, mais ce n’est pas eux qui vont faire le travail pour toi.  À l’université, c’était mon choix de me lever à six heures du matin avant tout le monde pour faire mes devoirs ».  Voilà une attitude exemplaire!

 

Un texte de Gabriel Chagnon