La route vers la liste FIFA de l’arbitrage : Les exemples de Myriam Marcotte et de Stéphanie Fortin

Après avoir participé au championnat U15-F de la CONCACAF en août dernier en Floride, l’arbitre Myriam Marcotte et l’arbitre assistante Stéphanie Fortin sont toutes les deux rentrées à la maison avec le sentiment du devoir accompli.  Ne prenant rien pour acquis, la décision d’une nomination sur la liste internationale FIFA de l’arbitrage n’était plus entre leurs mains.  Lorsque la bonne nouvelle est finalement tombée au mois de décembre, ce sont de nombreuses années de travail et de sacrifices qui ont été reconnues.  Mais comment exactement arrive-t-on aux plus hauts sommets de l’arbitrage? 

Preuve que tous les chemins mènent à Rome, Myriam et Stéphanie ont des parcours assez différents même si elles sont à la base toutes les deux des joueuses de soccer.  « J’ai un parcours un peu atypique parce que j’ai commencé plus tard que la majorité des arbitres », affirme Stéphanie.  En effet, elle fait ses débuts à 24 ans au Club de soccer Cap-Rouge et Saint-Augustin-de-Desmaures en même temps qu’elle complète son doctorat en psychologie.  L’arbitrage s’impose donc comme une manière active et stimulante de travailler pendant ses études, qui ne permettent pas d’avoir un emploi trop prenant.  Qui plus est, les compétences de Stéphanie en psychologie s’avèrent très utiles sur le terrain : « J’ai plus de connaissances au niveau de la préparation mentale.  Je sais donc comment bien me préparer pour mes matchs et comment gérer mon stress ».

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Myriam (deuxième à partir de la droite) et Stéphanie (complètement à droite)
complétaient un quatuor entièrement québécois lors d'un match du championnat
U15-F de la CONCACAF en août dernier en Floride 
(Lyes Arfa et Pierre-Luc Lauzière, à partir de la gauche)

Quant à Myriam, ses premiers pas comme arbitre à l’Association de soccer Chaudière-Ouest se font beaucoup plus tôt, à l’âge de 15 ans.  Comme toute adolescente, elle cherchait à faire un peu d’argent de poche : « Avant même d’être officiellement arbitre, j’avais déjà dépanné dans un match de U-8 et j’avais aimé l’expérience.   Je trouvais ça logique d’avoir un travail estival qui joignait l’utile à l’agréable ».  Celle qui occupe aussi le poste de coordonnatrice à l’arbitrage à l’Association régionale de soccer de Lanaudière assure ne pas se lasser de l’arbitrage : « Ça me permet de faire des choses différentes, comme de la gestion, et de voir des jeunes arbitres évoluer », explique-t-elle.

Des hauts et des bas

Pour arriver à cette fameuse liste FIFA, il est évident que Myriam et Stéphanie ont dû traverser plusieurs obstacles.  Des matchs difficiles, des échecs et mêmes les blessures dans le cas de Stéphanie sont des difficultés auxquelles tous les athlètes font face et les arbitres n’y font pas exception.  Elles ont heureusement pu compter sur l’appui de leurs proches et sur une communauté d’arbitres très solidaires pour passer à travers ces épreuves.  «  C’est important d’extérioriser ce que tu as vécu et de trouver des personnes à qui tu peux en parler.  Il existe tout un réseau d’arbitres à qui tu peux poser des questions et qui seront honnêtes avec toi », confie Myriam.  Même son de cloche pour Stéphanie : « Il faut en parler avec des gens qui ont plus d’expérience.  Ça aide à réaliser que tout le monde passe à travers des moments plus difficiles ».

Stéphanie (complètement à droite) à la finale des
championnats universitaires canadiens en 2017

Elles ont aussi pu bénéficier d’une structure qui les a accompagnées tout au long de leurs parcours.  Les clubs et les associations régionales jouent un rôle très important dans le développement des arbitres québécois(e)s.  Soccer Québec, et maintenant Soccer Canada dans le cas de Myriam et Stéphanie, offrent aussi un accompagnement soutenu vers l’excellence.  Aujourd’hui, nos deux nouvelles arbitres FIFA souhaitent redonner ce qu’elles ont reçu en acceptant le rôle d’évaluatrice.  « Certains arbitres peuvent être stressés lorsqu’ils ont un évaluateur sur leur match, mais c’est très utile.  Notre lecture de notre propre match n’est pas toujours la bonne alors ça aide énormément d’avoir quelqu’un qui peut mettre les choses en perspective », explique Stéphanie.  « C’est bien de recevoir, mais personnellement, je pense que c’est tout aussi important de redonner », renchérit Myriam.

En plus de l’aide reçue, une autre facette de l’arbitrage motive à se rendre le plus loin possible : les rencontres et les amitiés.  « L’arbitrage, c’est aussi les gens que tu rencontres partout où tu vas!  J’ai des amis des États-Unis, du Costa Rica, du Mexique et de la France que j’ai rencontrés dans différents tournois », affirme Myriam.  En effet, dans le cadre d’un partenariat entre la Fédération Française de Football et Soccer Québec, nos arbitres québécois(e)s ont la chance de faire partie d’un programme d’échange entre les deux organisations.

Myriam avec l'arbitre assistante québécoise FIFA Marie-Han Gagnon-Chrétien 
devant les bureaux de la FFF

Et la suite des choses?

Maintenant que Myriam et Stéphanie ont vu leurs noms inscrits sur la plus prestigieuse liste de l’arbitrage, que leur reste-t-il à accomplir?  « Il faut y aller une étape à la fois.  Je veux donc bien performer lors de mes premières assignations par la CONCACAF », explique Stéphanie.  Myriam abonde dans le même sens : « À court-terme, mon objectif serait de faire un autre tournoi CONCACAF ».  Et la Coupe du Monde féminine ou les Olympiques dans tout ça?  « C’est certain que ça serait un rêve de pouvoir y aller un jour », répond Stéphanie.  Il y a cependant bien des étapes à franchir avant d’y arriver car si la route a été ardue pour se rendre jusqu’à la liste FIFA, gageons qu’elle le sera tout autant pour se rendre jusqu’aux plus grandes compétitions sportives de la planète.