Dominic Grondin : L’obsession d’un rêve

Samedi le 23 février dernier, dans la petite ville de Kajaani au centre de la Finlande, le club d’Ekenäs IF s’est incliné 2-1 dans le cadre de la Coupe de Finlande.  Malgré la défaite, ce match avait une saveur particulière pour un jeune québécois.  À force de persévérance et de détermination, Dominic Grondin réalisait finalement son rêve de devenir joueur de soccer professionnel.  Soccer Québec l’a rencontré afin d’en apprendre davantage sur son parcours inspirant.

« Je n’étais pas très à l’aise pendant la première mi-temps.  J’étais un peu nerveux », explique Dominic, qui a vu sa nouvelle équipe être officiellement éliminée de la compétition.  « Même si les deux équipes étaient pratiquement assurées de ne pas pouvoir accéder au prochain tour, il y avait beaucoup d’intensité ».  Le natif de Ste-Julie a tout de même conclu la rencontre avec une passe décisive, signe de l’impact qu’il peut avoir avec sa nouvelle équipe.

Qu’est-ce qui peut bien amener un petit gars de la Rive-Sud à jouer pour un club de division deux finlandaise, dans une ville dont la plupart d’entre nous ignorons l’existence?  Une véritable passion pour le soccer et le niveau professionnel.  « Ça faisait depuis l’âge de 13 ans que je savais que je voulais partir en Europe.  Mes parents s’étaient faits à l’idée! », affirme celui qui a maintenant 21 ans.  Jusqu’à l’âge de 12 ans, Dominic a d’ailleurs dû négocier avec un trouble obsessif compulsif (TOC).  « J’étais quelqu’un d’anxieux et ça me nuisait dans le sport.  J’ai finalement réussi à gérer mon TOC et ça été une très belle réussite pour moi ».  Lorsqu’on discute un petit peu avec lui, on réalise en effet à quel point le rêve de devenir joueur professionnel était une obsession : « J’ai toujours eu un caractère obsessionnel et devenir pro a toujours été une obsession ».

Dominic Grondin, lors de son passage à 
l'Athletic Club Boulogne-Billancourt

Ekenäs IF avait déjà accueilli deux québécois auparavant avec Jems Geffrard et Chakib Hocine.  C’est la raison pour laquelle Dominic s’est tourné vers le club finlandais, dans l’espoir d’obtenir un essai.  Après avoir reçu une réponse positive, il fait ses bagages et traverse l’Atlantique au début de l’année 2019 pour 10 jours d’essais.  C’est à la fin de cette période qu’Ekenäs lui offre un contrat. « ll faut aller chercher les opportunités.  J’ai envoyé des courriels, mon CV sportif et des vidéos.  Je poussais pour que les clubs acceptent de me voir jouer.  J’ai toujours insisté pour obtenir ce que je voulais », raconte Dominic.  C’est ce qui l’a entre autres amené à faire deux escales en France dans les dernières années, avec l’Athletic Club Boulogne-Billancourt (ACBB) et Luzenac AP.  S’ajoute donc à son obsession une détermination inspirante.  « 90% des gens ne vont même pas prendre la peine de te répondre.  Ensuite, il y a une autre partie des gens qui vont te répondre non.  Et finalement, il y a ceux qui vont te dire oui », conclut l’ancien athlète du Centre National de Haute Performance (CNHP).

Mike Vitulano, actuellement responsable à la formation des éducateurs à Soccer Québec, a justement travaillé avec Dominic lorsqu’il était au CNHP entre 2012 et 2015.  Lorsqu’on lui demande de nous décrire quel genre de joueur il était, Mike est sans équivoque : « C’est un joueur qui est extrêmement demandant envers lui-même.  Il n’y a rien de médiocre avec lui et il veut toujours bien faire les choses.  Il y avait peut-être des joueurs plus talentueux, mais pas autant travaillant que lui ».  Dominic reconnaît d’ailleurs l’importance de son passage au CNHP : « Je suis arrivé au CNHP avec beaucoup d’énergie et je voulais faire toutes les belles choses que je voyais dans les vidéos.  Les entraîneurs ont su canaliser mon énergie et faire de moi un joueur plus simple et efficace », explique-t-il.  Bien d’autres ont aussi eu leur part à jouer dans l’accomplissement de son rêve : « Tous les techniciens et bénévoles des clubs où je suis passé, de l’AS Varennes, en passant par le CS Longueuil et le FC Lanaudière, ont joué un rôle important dans ma progression ».  Il y a aussi eu Allassane Dosso, assistant-entraîneur à l’ACBB : « Après chaque entraînement et match, je lui écrivais pour savoir ce que je devais mieux faire! », s’exprime Dominic.

Dominic Grondin s'est tenu en forme l'automne 
dernier, alors qu'il s'entraînait avec l'Université de Montréal

C’est justement cette volonté d’apprendre constamment qui permet à Dominic d’être aujourd’hui un joueur professionnel : « Il faut toujours écouter ce que les autres ont à te dire.  Tu peux tirer des apprentissages de tous les gens qui vont essayer de t’aider, même à l’extérieur du soccer ».  Il préfère donc se concentrer sur le moment présent et tenter de tirer le maximum de l’expérience qui s’offre actuellement à lui.  Et pour la suite des choses?  « Tu dois être au bon endroit au bon moment.  Mais si tu es travaillant, respectueux et humble, les chances que tu sois au bon endroit au bon moment sont beaucoup plus élevés », conclut Mike Vitulano.  Ces trois qualités, Dominic Grondin les possède assurément!

 

Un texte de Gabriel Chagnon